MOUVEMENT
DEMOGRAPHIE-ECOLOGIE
(Belgique)

Rue Frères Collin, 5 - B 6941 BOMAL-s/0. Belgique
Tèlèphone: 086/21.28.85 - Compte 001-1944561-78



PRESENTATION


Le Mouvement Démographie-Ecologie s'est formé en 1983; indépendant de toute tendance politique, il se situe dans la ligne des préoccupations de personnes et associations qui font sortir la démographie du cadre socio-économique étroit auquel elle est systématiquement annexée. Des associations analogues à la nôtre existent dans plusieurs pays du monde et notammement dans divers pays d'Europe.

Le Mouvement est actuellement fédéré à l'Entente Nationale pour la Protection de la Nature et à Inter-Environnement Wallonie.

Peut devenir membre, sans considération de nationalité, toute personne et association qui adhèrent aux objectifs du mouvement. Le montant minimal de la cotisation est fixé à 150 Francs Belges. Celle-ci donne droit au rapport annuel d'activités.


LE CONTEXTE

Dimension mondiale du phénomène démographique.


La croissance démographique mondiale est un des problèmes majeurs auquel l'humanité est confrontée et il ne fera que s'accentuer dans les années à venir, du fait de l'augmentation de la densité de population et des divers besoins.

La surpopulation ne concerne pas seulement le tiers monde, mais aussi les pays industrialisés dont la densité élevée de population et/ou le haut niveau de vie fait d'eux des consommateurs voraces.

La surnatalité dans le tiers monde résulte essentiellement de la misère. Généralement, l'amélioration des conditions d'existence constitue un important facteur favorable à la baisse de la fécondité; mais parfois, l'inverse se produit. Par conséquent, même avec un niveau de vie décent, la fécondité reste élevée si rien n'est réalisé pour la promotion des droits des femmes et la planification familiale. Le cas de l'Irlande est significatif à cet égard: la fécondité est restée semblable à celle de pays du tiers monde, tant que la contraception était interdite.


Un cadre restrictif.


La plupart des scientifiques n'étudient les implications démographiques des pays industrialisés que dans un cadre socio-économique souvent très étroit, sans prendre en considération l'impact désastreux que l'augmentation des populations du monde industrialisé a eu et continue d'avoir sur l'environnement et les milieux naturels. Il n'existe donc aucune considération de limites des ressources naturelles et de l'espace. De plus, il n'est tenu compte que des besoins de l'espèce humaine qui n'est pourtant pas la seule à habiter la planète.

Généralement, les media, les institutions publiques et privées ne présentent que les inconvénients - souvent exagérés - de la dénatalité et du vieillissement démographique dans les pays industrialisés, sans en présenter les avantages. Dans les rares cas où il existe une approche des relations entre la démographie et les équibres écologiques, ce n'est souvent qu'en fonction d'une conception anthropocentrique de la nature.

Les moyens techniques de protection de l'environnement ont des limites: souvent, ils consomment de l'énergie, de l'espace et, dans bien des cas, ils ne font que changer le lieu des nuisances ou en modifier la nature.

La nécessité de la protection de la nature et des espèces animales et végetales, dont les biotopes indispensables à leur survie sont progressivement envahis par l'homme, de façon de plus en plus intense, et le besoin croissant d'espace pour les activités récréatives et culturelles sont maintenant reconnus. Cependant on ne comprend pas ou on refuse d'admettre qu'il n'est pas possible de satisfaire cette double exigence sans une diminution de la population.


Le vieillissement démographique: un phénomène irréversible et universel.


On a répété à satiété que la faible fécondité et le vieillissement démographique qu'elle entraîne menaient le monde occidentale à sa perte et que le nombre des «actifs» ne suffirait bientôt plus à payer les pensions des retraités. Mais on ne dit pas que la population «inactive» comprend aussi les jeunes qui n'ont pas terminé leurs études et les chômeurs.

Le vieillissement démographique aura, selon certains, des conséquences dramatiques (conservatisme et sclérose sociale, déclin et décadence des civilisations), mais la confrontation objective de ces affirmations aux faits passés et présents les rend bien fragiles. La Suède et la R.F.A. ont les populations les plus vieillies du monde. Ces population sont-elles moins dynamiques, moins imaginatives et moins ouvertes au progrès sociale que celles d'autres pays d'Europe ou du monde, plus jeunes? L'arrêt du vieillissement et même son ralentissement impliquerait la continuation de la croissance démographique.

L'avenir de nos sociétés réside donc dans une profonde transformation des conceptions qui ont prévalu jusqu'à présent sur le vieillissement démographique: l'objectif n'est donc pas d'empêcher ou de ralentir le vieillissement de la population, mais de nous y adapter dans les meilleures conditions possibles, notamment en accordant plus d'intérêt à la qualité de la vie des personnes âgées, partout dans le monde.

L'enfant étant un consommateur de lait, de vêtements, de jouets, etc., on justifie aussi la relance de la natalité par une augmentations de l'emploi, pourtant fallacieuse puisque les ressources nécessaires à son financement ne connaîtraient aucun accroissement. On garde par ailleurs le silence sur les conséquences que cette politique aurait à l'avenir sur le nombre de demandeurs d'emplois.


Information partiale.


Dans la presque totalité des cas - surtout en France et au niveau de l'UE - les documents ayant trait aux conséquences de la dénatalité dans les pays industrialisés et destinés à «informer» les élu/e/s politiques et l'opinion publique sont réalisés sans la participation de celles et ceux qui présentent les avantages écologiques, économiques et sociaux de la baisse de la fécondité et de la diminution de la population. C'est sur base de cette information partiale que la plupart des pouvoirs politiques justifient les mesrues natalistes qu'ils décident.


La démographie concerne aussi les écologistes.


Puisque des économistes, des sociologues, des historiens et d'autres spécialistes ainsi que des élu/e/s politiques s'intéressent aux conséquences de la dénatalité et du vieillissement démographique, sans être démographes, pourquoi des écologistes n'agiraient-ils pas de même?

Des écologistes considèrent qu'ils ont le droit et même le devoir de donner leur avis sur cette question. Ils se sentent concernés par la diminution du nombre de naissances et par le vieillissement parce qu'ils souhaitent une décroissance démographique afin d'assurer le maintien ou, mieux encore, là où c'est possible, le rétablissement progressif de l'équilibre entre population, ressources, environnement et milieux naturels.


Les limites de la croissance démographique.


Aucune population ne peut croître indéfiniment. Les avis, tant chez les économistes que chez les écologistes, sont unanimes à ce sujet; ils diffèrent seulement en ce qui concerne le moment où il serait souhaitable que cette croissance s'arrête et sur l'opportunité d'accepter une décroissance éventuelle.

La croissance de la population que nous avons connue jusqu'à présent exerce une influence souvent sous-estimée, voire même ignorée, sur la dégradation plus ou moins rapide des écosystèmes. Le caractère différé de certaines conséquences de cette croissance arrive souvent à occulter les relations de cause à effet, lors d'un examen non approfondi. Dans la plupart des régions du monde, l'équilibre entre population, ressources naturelles et espaces sauvages est rompu par une densité démographique trop élévée.

Trop de gens ignorent encore que, malgré les surplus de quelques denrées alimentaires, la CEE importe nettement plus de nourriture, d'energie et de bois qu'elle n'en exporte.


Nécessité de la décroissance démographique.


Concrètement, la question la plus importante qui se pose au sujet de la conservation de la nature est de savoir quelle place ou plutôt quels espaces l'espèce humaine accepte de laisser et de restituer à la diversité des espèces animales et végétales, afin qu'elles puissent vivre et se perpétuer dans des écosystèmes équilibrés.

L'arrêt de l'augmentation de la population humaine et même souvent sa décroissance deviennent de plus en plus un des préalables sans lequel il est vain de vouloir préserver durablement ce qui reste des espaces sauvages. Cette condition est d'autant plus importante que, depuis plus d'une trentaine d'années, on assiste dans les pays industrialisés, à une demande croissante d'espaces verts pour les besoins de détente et de loisirs.

En Europe et dans d'autres régions du monde, de nombreuses espèces animales et végétales se sont raréfiées de façon catastrophique ou ont disparu, par manque d'espace, même si d'autres causes ont contribué à cet appauvrissement. Certes, un meilleur aménagement du territoire, une agriculture moins intensive et la suppression de gaspillages dans la consommation auraient causé moins de dégâts, mais cela n'élimine pas pour autant la cause démographique. Dans les pays industrialisés, une diminution de la population, devenue probable dans le cas de la poursuite de la dénatalité, permettrait de rendre à la nature des espaces que l'homme n'aurait plus besoin d'occuper. Pour cette raison, il s'avère nécessaire que l'immigration n'excède pas l'émigration, cela, dans le respect des principes humanitaires.


NOS OBJECTIFS


  • Sensibilisation de l'opinion publique, du monde scientifique et politique:
    • - à la responsabilité individuelle et collective en matière de procréation et de consommation;
    • - au fait que la pérennité de la biosphère est assurée grâce à la complexité des interrelations entre les espèces, ce qui nécessite la restauration progressive d'espaces naturels destinés à atteindre, a long terme, leur stade climacique, sur une superficie d'au mains 10 à 15 % du territoire;
    • - aux avantages écologiques, économiques et sociaux de la baisse de la natalité, tant dans les pays industrialisés que dans le tiers monde;
    • - au caractère ineluctable du vieillissement démographique et à la nécessité d'organiser la société pour l'adapter à cette évolution qui concernera tous les pays du monde.

  • Ouverture des débats démographiques menés dans les media et les institutions publiques et privées à celles et ceux qui ont une vision constructive de la dénatalité et du vieillissement démographique.

  • Défense et extension des droits des femmes et des couples en matière de contrôle de la fécondité.

  • Lutte contre toute forme de politique nataliste.

  • Reduction de la pression excessive exercée par l'espèce humaine sur les divers écosystèmes.


NOS MOYENS D'ACTION


  • Collecte et rediffusion d'informations; exposition; exposés; brochures.

  • Interventions ponctuelles en matière:
    • - d'aménagement du territoire: lutte pour la conservation des territoires affectés à la production des ressources naturelles (zones forestières et agricoles);
    • - de santé publique et d'environnement: lutte contre les pollutions et pour la conservation des richesses naturelles;
    • - de coopération au développement.

  • Développement de la collaboration entre associations-soeurs, en Europe et dans le monde.


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